Balalaïka, luth ou mandoline : qui sont ces instruments si proches de la guitare ?

Une forme aux courbes féminine, des cordes tendues, un manche assez long : assurément, cet instrument est une guitare ! À moins qu’il ne s’agisse d’une mandoline ? Ne serait-ce pas plutôt un luth ou un ukulélé ? Tous ces instruments partagent certes des caractéristiques communes. Mais leur histoire, leur sonorité, leur répertoire diffèrent amplement. C’est autant d’occasions, pour les amateurs de guitare, de s’essayer à des variantes de leur outil de prédilection. Car, quand on sait jouer de la guitare, il n’est pas si difficile d’apprendre l’oud ou le théorbe.

Si vous vous sentez un peu perdu parmi tous ces noms, ne vous inquiétez pas. Nous allons défricher ensemble la grande famille des luths et guitares, pour vous aider à mieux vous y retrouver. Et, peut-être, pour vous permettre de choisir le prochain instrument que vous apprendrez.

À la découverte des instruments à cordes pincées

Derrière l’apparente simplicité d’un instrument à cordes, se cache tout un univers de subtilités. La base est plutôt sobre. Une caisse de résonance, quelques cordes bien tendues, un manche prêt à accueillir vos doigts… et voilà que surgit la magie du son. Mais ce portrait-robot ne se limite pas à la seule guitare. Mandoline, oud, charango, balalaïka ou encore théorbe partagent, eux aussi, cette architecture de base.

Tous ces instruments sont réunis par une parenté évidente, celle des cordophones, ces instruments dont le son naît de la vibration de cordes pincées, grattées ou frappées. Leur silhouette, souvent élancée, évoque une élégance intemporelle, tandis que la caisse de résonance – tantôt ronde, tantôt anguleuse – amplifie chaque note, chaque nuance.

Ce qui les unit ? Un principe simple, presque universel. Celui de la corde tendue, prête à vibrer sous l’impulsion du musicien. Ce qui les distingue ? Une infinité de détails :

  • le nombre de cordes ;
  • la forme du corps ;
  • la matière ;
  • la technique de jeu ;
  • l’accordage ;
  • et, bien sûr, la couleur sonore qui en résulte.

Entrer dans cette grande famille, c’est ouvrir la porte à mille voyages musicaux. De la Russie à l’Amérique du Sud, de l’Italie à la Grèce, chaque instrument porte en lui une histoire, un accent, une identité.

Quand chaque instrument affirme sa personnalité

À première vue, ils semblent cousins. D’ailleurs, votre prof de guitare pourrait certainement improviser un air sur n’importe lequel de ces instruments. Pourtant, dès qu’on les écoute ou qu’on les prend en main, impossible de les confondre.

La balalaïka russe, avec sa caisse triangulaire et ses trois cordes, fait résonner l’âme des steppes dans un trémolo vif et sautillant. Le bouzouki grec, lui, déroule ses mélodies argentées, porté par un long manche et des cordes métalliques qui invitent à la danse.

Plus loin, le charango venu des Andes étonne par sa petite taille et sa sonorité cristalline, presque espiègle, tandis que le luth déploie ses courbes généreuses et sa voix douce, héritée des musiques anciennes. La mandoline, légère et nerveuse, brille dans les mains des virtuoses italiens, alors que l’oud fait vibrer tout l’Orient avec ses notes chaudes et profondes, sans la moindre frette pour brider son expression.

Le théorbe, immense et majestueux, semble tout droit sorti d’un tableau baroque, prêt à soutenir les plus grandes œuvres du répertoire classique. Le ukulélé, quant à lui, invite à la légèreté et à la bonne humeur, ensoleillant chaque mélodie de son timbre joyeux. Et puis, bien sûr, il y a la guitare – acoustique ou électrique – caméléon des temps modernes, capable de tout jouer, de la bossa nova au rock le plus endiablé.

Chacun de ces instruments a ses secrets, ses traditions, ses techniques. Laissez-vous tenter ! Il suffit parfois d’un simple accord pour ouvrir une nouvelle fenêtre sur le monde.

Un air de famille, mille différences : ce qui distingue chaque instrument

À première vue, tous ces instruments pourraient presque se ressembler, comme des membres d’une même fratrie. Pourtant, il suffit d’un regard attentif ou d’une simple note pour saisir ce qui fait la singularité de chacun.

Le nombre de cordes varie du simple au double. On en trouve trois pour la balalaïka, huit pour la mandoline, parfois quatorze ou plus pour le théorbe. Les formes aussi jouent la diversité : caisse triangulaire, poire, amande, ou silhouette élancée de guitare.

La matière des cordes – nylon, acier, boyau – façonne la couleur sonore, tantôt brillante et métallique, tantôt douce et feutrée. Le manche, parfois court et sans frette comme sur l’oud, parfois long et fretté comme sur le bouzouki, modifie la manière d’aborder l’instrument et d’y poser ses doigts.

Et puis, il y a l’accordage. Chaque famille, chaque région, chaque époque a inventé le sien, ouvrant la porte à des univers harmoniques insoupçonnés.

Évidemment, le répertoire fait voyager autant que l’instrument. La balalaïka chante la Russie, le charango résonne dans les Andes, la mandoline s’invite dans les sérénades italiennes, pendant que la guitare et le ukulélé s’invitent dans tous les styles, des plus classiques aux plus modernes.

C’est cette diversité, à la fois technique et musicale, qui fait la richesse de la grande famille des cordes pincées.

Vers quel instrument se tourner ?

Face à cette galerie de portraits, comment ne pas avoir envie d’essayer ? Chaque instrument propose une aventure différente, une façon singulière de faire vibrer la musique et de raconter une histoire. Peut-être serez-vous séduit par la chaleur enveloppante de l’oud, ou par la vivacité enjouée du ukulélé. La profondeur majestueuse du théorbe vous attire-t-elle, ou préférez-vous la polyvalence rassurante de la guitare ?

Le choix dépend de votre curiosité, mais aussi de vos envies musicales. Amoureux de la tradition ? Laissez-vous tenter par la balalaïka ou le charango, véritables passeports pour d’autres continents. Envie de rythmes méditerranéens ? Le bouzouki saura vous faire voyager. Passionné par la musique ancienne ? Le luth et le théorbe vous ouvriront les portes du passé.

Reste une certitude. Il n’est jamais trop tard pour se lancer. Ces instruments, même s’ils impressionnent parfois par leur étrangeté ou leur histoire, restent accessibles à qui sait déjà gratter quelques accords. Osez franchir le pas, laissez-vous surprendre, et partez à la rencontre d’un nouvel univers sonore.

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